Voyager au Canada, c’est traverser un pays où les paysages changent sans prévenir : sommets vertigineux, forêts denses, lacs turquoise, vallées embrumées et zones presque désertiques.
En septembre, ces contrastes sont encore plus marqués, avec une lumière douce et des couleurs qui commencent à évoluer.
Depuis longtemps, je rêvais de découvrir l’Alberta et ses Rocheuses, mais aussi la Colombie‑Britannique, ses routes mythiques et ses paysages qui semblent ne jamais finir. Ce road trip m’a offert exactement ce que j’aime dans un voyage : des contrastes, des panoramas grandioses, des moments de calme absolu et cette sensation d’être minuscule face à l’immensité de la nature.
Dans cet article, je te partage mon itinéraire, mes impressions et les lieux qui m’ont marquée. L’idée est de t’inspirer si tu prépares un voyage au Canada, ou si tu as simplement envie de t’évader à travers des paysages grandioses.
sommaire
1. Whistler
2. Clearwater
3. Jasper
4. Banff
5. Kamloops
6. Ucluelet
7. Port Mac Neill
8. Victoria
9. Vancouver
1. Whislter
Nous sommes arrivés à Vancouver pour débuter notre aventure canadienne. À peine avons‑nous récupéré la voiture que nous avons pris la route en direction de Whistler, l’une des stations de ski les plus emblématiques du Canada. En chemin, nous avons fait une petite halte à Horseshoe Bay. Un port paisible entouré de montagnes qui plongent dans l’eau. c’était déjà déjà un premier aperçu de l’immensité et des paysages grandioses de la Colombie‑Britannique.
Whistler nous a ensuite accueillis pour une soirée tranquille dans cette ville qui a vibré au rythme des Jeux olympiques d’hiver. Le lendemain matin, après un bref tour du village, nous avons repris la route vers Clearwater. Nous étions impatients de découvrir de nouveaux horizons et de poursuivre notre road trip au Canada.
2. cleawater
En quittant Whistler pour rejoindre Clearwater, nous avons eu l’impression de changer de pays en quelques heures. Très vite, les forêts épaisses et les montagnes verdoyantes de la Colombie‑Britannique ont disparu derrière nous. Puis nous sommes entrés dans une zone totalement inattendue : le BC Dry Belt, cette bande semi‑aride qui traverse l’intérieur de la province.
Rien à voir avec l’image classique du Canada. Ici, tout était sec, brûlé par le soleil, presque désertique. Les collines ocres, les montagnes basses et la végétation clairsemée donnaient un air d’Ouest américain. Même les petites villes comme Clinton avaient cette ambiance “Far West”, avec leurs façades en bois et leurs rues poussiéreuses. On sentait que la ruée vers l’or était passée par là, et que le temps s’était un peu arrêté.
Ce qui nous a marqués aussi, c’est la présence importante des peuples des Premières Nations. Nous avons traversé leurs territoires, aperçu leurs villages, leurs panneaux et leurs centres culturels. Mais nous avons aussi vu une réalité plus difficile, avec des signes de précarité qui contrastaient avec la beauté brute des paysages. C’était une région où l’héritage des communautés indigènes restait visible, vivant, mais confronté à de vrais défis.
Puis, après cette traversée, nous sommes arrivés à Clearwater… en pleine canicule. 35 °C au compteur. Oui, au Canada. Cette chaleur sèche faisait presque oublier les montagnes fraîches de Whistler.
dawson falls
En fin de journée, on a décidé de profiter de la douceur du soir pour aller jusqu’à Dawson Falls, l’une des cascades emblématiques du Wells Gray Provincial Park. L’endroit était désert, baigné dans cette lumière dorée de fin de journée qui rend tout plus calme. Le grondement de la chute résonnait dans la forêt, puissant mais apaisant, comme si la nature voulait nous rappeler qu’on entrait dans un territoire où elle reprend toute la place. C’était une belle manière de terminer cette journée pleine de contrastes.
Le lendemain, on a repris la route, direction Jasper. On quittait peu à peu la chaleur sèche de l’intérieur de la Colombie‑Britannique pour se rapprocher des Rocheuses.
3. jasper
Après plusieurs heures de route, nous sommes arrivés du côté de Jasper, où nous avons découvert notre maison de plain‑pied, spacieuse et entourée d’un immense jardin.
Une atmosphère étrange s’est installée dans la vallée : une brume orangée portée par les vents depuis les feux de forêt au loin. Rien de suffocant, seulement cette teinte particulière qui donnait au paysage une ambiance singulière.
Nous y sommes restés trois nuits, le temps de voir que de vastes zones avaient été ravagées par les incendies. Des hectares entiers de forêt avaient disparu, laissant derrière eux des troncs calcinés à perte de vue. Face à cette réalité, nous avons dû adapter nos activités, car de nombreux sentiers restaient fermés. Pourtant, la nature montrait déjà des signes de renouveau. Entre les arbres noircis, de jeunes pousses vertes perçaient le sol, comme un rappel que tout repart toujours.
Le lendemain, la météo n’étant pas de notre côté, nous avons choisi une petite randonnée tranquille avant de rejoindre Pyramid Lake. Le sentier était presque désert, ce qui donnait à la balade une ambiance paisible et intime. La brume accrochée aux montagnes ajoutait un charme particulier à ce décor déjà magnifique.
bald hills
Pour la journée suivante, nous avions prévu quelque chose de plus ambitieux : une grande randonnée jusqu’aux Bald Hills, au‑dessus du lac Maligne, l’un des sites emblématiques du parc national de Jasper. Rien que le nom faisait rêver, et nous savions que cette ascension allait nous offrir l’un des plus beaux panoramas du séjour.
Une fois sur le sentier, nous avons marché environ 2 h 30 dans la forêt, entourés de sapins immenses et d’un calme presque total. Comme toujours dans cette partie des Rocheuses canadiennes, nous avions emporté notre spray anti‑ours, acheté quelques jours plus tôt. Ce n’est pas que nous nous attendions à en croiser un à chaque virage, mais ça fait partie du rituel, et ça rassure un peu.
Peu à peu, la pente s’est accentuée et les arbres se sont espacés. Lorsque nous avons atteint les hauteurs, le paysage s’est ouvert, révélant un panorama à 360° sur les chaînes de montagnes, les crêtes déchiquetées et le lac Maligne qui scintillait en contrebas. Nous étions quasiment seuls, avec un soleil généreux et une tranquillité immense. Une récompense parfaite après l’effort.
Autant dire qu’en rentrant, nous avions largement mérité notre verre de vin.
4. Banff
Sur la route mythique : icefields parkway
Nous avons poursuivi notre aventure sur l’une des routes les plus emblématiques du paysage canadien : la Icefields Parkway. Impossible de la parcourir rapidement : chaque virage a dévoilé un nouveau décor spectaculaire. Chaque arrêt valait la peine. Résultat : la journée entière y est passée, mais quelle journée.
Devant le Peyto Lake, nous avons découvert un lac magnifique vu d’en haut, avec une couleur intense. En arrivant au Bow Lake, nous avons vraiment été émerveillés : ses eaux formaient un dégradé de bleu, encore plus saisissant que ce que nous avions imaginé. On comprend vite pourquoi, en photo, ces lacs semblent retouchés… Pourtant leurs couleurs sont exactement comme ça ! Et nous n’avons pas manqué le glacier Athabasca, impressionnant par sa taille et par la force silencieuse qu’il dégage.
Nous avons eu une chance incroyable : le soleil était au rendez‑vous, ce qui change tout sur cette route où la météo peut être capricieuse. Et comme si le décor ne suffisait pas, nous avons vécu un moment totalement inattendu. Sur cette route pourtant très fréquentée, un ours a traversé juste devant notre voiture. Il est passé à quelques mètres à peine, majestueux et tranquille. Un instant suspendu qu’on n’oubliera jamais.
banff
En fin de journée, nous avons atteint Banff, cette ville qu’on voit partout sur Instagram. Les rues du centre‑ville étaient charmantes, avec leurs petites boutiques, leurs cafés chaleureux et leurs maisons façon chalets de montagne.
En arrière‑plan, les sommets immenses encadraient la ville comme un décor de cinéma. Nous avions l’impression de marcher dans une station alpine canadienne, mais avec l’atmosphère décontractée des Rocheuses.
En rejoignant notre parking près de la gare, une dernière surprise nous attendait. À l’arrêt se trouvait le train panoramique qui traverse le Canada, un train mythique, l’un de ceux qui me font rêver.
lac morraine & lac louise
Le lendemain, nous nous sommes réveillés à 4 h du matin. L’heure piquait un peu, mais nous savions pourquoi : assister au lever du soleil sur le lac Moraine. Beaucoup décrivent ce moment comme incontournable. Encore un peu engourdis, nous avons pris la route et sommes arrivés juste avant les premières lueurs du jour.
Le ciel était parfaitement dégagé. Peu à peu, les sommets se sont colorés de rose, puis de doré, tandis que le lac dévoilait son bleu profond. Le silence, la fraîcheur du matin, les montagnes qui s’éclairaient doucement… C’était un spectacle simple et puissant, de ceux qu’on garde longtemps en mémoire.
Après cette parenthèse, nous avons repris la route vers un autre lieu emblématique : Lake Louise. Une courte montée d’une trentaine de minutes nous a menés à un point de vue en hauteur, d’où l’on pouvait admirer toute l’étendue de ce lac mythique. Vu d’en haut, on comprend vite pourquoi il est si populaire : un écrin turquoise entouré de montagnes majestueuses.
Nous sommes ensuite redescendus jusqu’aux rives pour profiter de l’atmosphère au bord de l’eau. C’est là que nous avons aperçu les fameux canoës rouges, ceux qu’on voit sur toutes les photos des Rocheuses. En vrai, ils ajoutent encore plus de charme au décor.
En quittant les Rocheuses, une bonne distance nous attendait. Sur le chemin, nous avons fait une halte à Emerald Lake, enveloppé ce jour‑là d’une brume légère et d’une pluie fine. Loin de gâcher la visite, cette météo a donné au lac une ambiance douce et presque poétique.






5. kamloops
En reprenant la route vers Kamloops, les paysages ont commencé à changer. Pendant un moment, la ligne ferroviaire et ses ponts nous a accompagnés, serpentant à travers la vallée. Puis, peu à peu, les montagnes ont laissé place à un décor plus aride. Avant même d’arriver, nous avons retrouvé ce climat presque désertique et le retour du soleil a fait un bien fou après la fraîcheur du matin.
Dans cette région, notre hôte nous a expliqué que la faune était bien présente : des ours, des cougars, et parfois même des lynx. Nous logions dans une maison entourée d’une petite ferme, avec quelques animaux autour et un cadre très nature. Après la route, c’était un vrai plaisir d’arriver dans ce décor paisible, de poser nos affaires et de profiter du soleil.
6. ucluelet
Après notre halte dans la région désertique, nous avons repris la route pour rejoindre Vancouver, où nous avons passé une dernière nuit près du port afin de prendre le ferry tôt le matin.
Une fois embarqués, nous avons mis le cap sur Vancouver Island. Notre première étape a été la balade de Cathedral Grove, un sentier au milieu des cèdres et des sapins géants. Nous nous sommes sentis minuscules entre ces arbres immenses, certains âgés de plusieurs siècles.
Nous avons ensuite repris la route vers Ucluelet, une petite station réputée pour ses plages et ses surfeurs. Là‑bas, nous avons parcouru la Wild Pacific Trail sous une brume épaisse : on distinguait à peine les rochers, ce qui donnait au paysage une atmosphère mystérieuse.
En fin d’après‑midi, nous avons voulu découvrir cette plage réputée pour ses couchers de soleil. Mais la météo a vite changé l’ambiance. La visibilité était si faible qu’on distinguait à peine ce qui se trouvait à quelques mètres, et la pluie s’est mise à tomber. Pas de lumière dorée ce jour‑là, seulement un bref arrêt sous un ciel totalement couvert.
En soirée, nous avons décidé de rejoindre Tofino et de manger dans le petit port, très réputé et animé. Il faisait froid et nous n’arrivions pas vraiment à nous réchauffer après la pluie et la brume et finalement nous avons trouvé un restaurant où nous avons dégusté un bon repas. Un moment réconfortant, qui tombait à pic après cette journée humide.
7. port mac neill
La route vers Port McNeill s’est poursuivie pendant plusieurs heures, sous un temps souvent humide. Autant dire que nous étions soulagés d’arriver enfin dans notre petit cottage en bois face à l’eau.
En fin de journée, nous avons pu admirer l’horizon avec quelques éclaircies, parfaites pour prendre un verre sur la terrasse, assis dans les fameuses chaises canadiennes.
Nous avions traversé toute l’île pour découvrir la faune sauvage et le nord de Vancouver Island est l’un des meilleurs endroits pour ça. Ici, orques, baleines et lions de mer font partie du paysage.
Nous avons ensuite profité d’une balade autour du village, en longeant le rivage. Au loin, nous distinguions des silhouettes sombres qui fendaient l’eau. Depuis la côte, nous avons pu observer ces scènes, en regardant les animaux évoluer librement au large, dans leur environnement naturel.
8. victoria
Avant d’embarquer, nous avons fait un arrêt dans la capitale de la Colombie‑Britannique. Direction Fisherman’s Wharf, un petit port plein de charme avec ses maisonnettes en bois, colorées et habitées. On y trouve de quoi rapporter quelques souvenirs et de quoi savourer une bonne glace en se promenant sur les pontons.
9. vancouver
Nous voilà déjà vers la fin du séjour. Nous avons quitté les rayons du soleil de Victoria pour rejoindre Vancouver, où nous allions passer nos deux dernières nuits.
Sur le trajet entre le ferry et notre hôtel du centre‑ville, nous avons eu un nouvel aperçu de la ville : ses gratte‑ciel, ses quartiers animés et cette atmosphère très urbaine que nous avions déjà entrevue quelques jours plus tôt.
Le lendemain, nous avons consacré la journée à la visite de Stanley Park. On aurait aimé louer des vélos, mais la météo restait trop pluvieuse. Nous avons donc parcouru une partie du parc à pied, profitant de quelques points de vue sur la baie
Le dimanche, la ville était particulièrement animée, avec beaucoup de locaux dehors malgré la pluie. Mais Vancouver montre aussi une autre facette : dans certains quartiers du centre, la présence de personnes sans abri ou en difficulté est très visible. Une réalité qui contraste avec l’image moderne et dynamique de la ville.
Le dernier matin avant de prendre notre vol, on a brunché près d’un petit port. Surprise : un lion de mer plongeait tranquillement à côté des bateaux. Une belle manière de conclure ce voyage intense.
En résumé, ce voyage a vraiment tenu toutes ses promesses.
Pendant des années, j’ai vu défiler des photos des paysages du Canada, et une fois sur place, j’ai réalisé que rien n’était exagéré : les couleurs, les contrastes, les ambiances… Tout était exactement comme je l’avais imaginé. L’eau turquoise des lacs, les forêts immenses, les glaciers, les longues heures de route, les animaux croisés par surprise, la météo qui change d’une vallée à l’autre… tout y était.
Comme souvent en voyage, certains imprévus se sont glissés dans notre parcours : des sentiers fermés, des nuages de fumée, des arrêts plus fréquentés que prévu. On a ajusté au fil des jours, sans que cela n’enlève rien à la magie du séjour, au contraire, c’est aussi ce qui fait le charme d’une aventure comme celle‑ci.
Encore une expérience extraordinaire à cocher sur ma bucket list, un voyage qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.




